Blog d'une aventurière fraîchement décalée

#1 – Les gros mots de Caro : C’est quoi l’Antispécisme ?

529 Views 0 Comment

#1 – Les gros mots de Caro : C’est quoi l’Antispécisme ? 

La semaine dernière, c’était le salon de l’agriculture. Et en ces temps de prise de conscience sur la condition animale, c’est un sujet qui a fait débat. Alors je me suis « hop, c’est le moment » d’aborder la notion d’Antispécisme et les paradoxes qu’elle engendre. Il n’est pas question ici de véganisme – et la nourriture n’est pas le centre du sujet.

Cet article est également pour moi l’occasion de lancer une nouvelle rubrique “Les gros mots de Caro”. J’y aborderai des sujets de société – tel que le véganisme, le féminisme, l’antispécisme, etc. – pour mieux les comprendre et les dédiaboliser. Parce qu’au final, pourquoi vous n’y trouveriez pas votre compte vous aussi ? 

Antispécisme

Petite définition préalable.

Parce que les gros mots aussi ont aussi leur dico, voici comment est défini le spécisme sur Wikipédia. Notons qu’aucun dictionnaire en ligne ne propose de définition alors qu’antispécisme est une notion qui existe depuis plus de 50 ans : “Le spécisme est la considération morale supérieure que les humains accordent à leur propre espèce, et le traitement discriminatoire qui en découle à l’encontre des animaux d’élevage, destinés à l’expérimentation ou considérés comme nuisibles. Le spécisme renvoie aussi à l’idée que les humains accorderait une considération morale plus ou moins importante aux autres espèces animales en fonction de leur statut : les animaux de compagnie et les animaux dont l’espèce est en voie de disparition verraient leurs intérêts davantage pris en compte que les animaux d’élevage.”

En résumé, être spéciste c’est considérer que j’ai tous les droits sur les autres espèces. Contrairement, l’antispécisme considère que l’être humain est un animal comme les autres. A ce titre, il ne peut se permettre d’asservir, tuer ou faire disparaître d’autres espèces pour son propre confort.

Antispécisme

Entre paradoxes et idées reçues, voici 5 excuses à bannir.

Excuse n°1 : Le paradoxe de l’espèce supérieure.

Je vais essayer d’être la plus précise possible, mais j’ai bien conscience que ce qui va suivre pourrait être un excellent sujet de philosophie au baccalauréat… A la question « l’être humain est-il supérieur aux animaux ? », j’ai deux possibilités : oui ou non.
Si je suis antispéciste, je considère que l’être humain est égal aux animaux, et donc, que je n’ai pas le droit de les exploiter. Que ce soit les poules élevées en batterie, les chiens de laboratoires, les animaux de cirque… C’est non.
Ok ! Mais si je suis spéciste, et que je considère que pour diverses raisons, l’être humain est supérieure ? Hé bien là encore, je n’en ai pas le droit ! Pourquoi ? En tant qu’espèce supérieur, je suis plus intelligent. Dans ce cas j’ai conscience de ce qui est bien et mal et des conséquences (environnementales, sur la santé, etc.) que cela engendre. Qui plus est, si mon espèce a réussi à créer internet, alors elle est capable de trouver des solutions sans détruire l’environnement.

Antispécisme

Excuse n°2 : Les animaux ne construisent pas de villes et ne font pas de découvertes.

FAUX ! « Longtemps considérée comme une faculté spécifique de l’Homme, l’utilisation délibérée d’outils par les animaux est apparue dans la littérature éthologique depuis les années 1960, ces découvertes ayant révolutionné le regard humain sur la cognition animale. » Alors on évolue et on arrête de dire des bêtises….
Voici trois exemples d’animaux qui utilisent des outils et construisent des villes entières :

1/ Le chimpanzé, outils, enseignement et culture au sein d’un groupe

Le chimpanzé utilise plusieurs outils, comme l’explique le Professeur Whiten : il se saisit tout d’abord d’une solide brindille qu’il effeuille et qu’il enfonce d’environ 30 cm dans la termitière. Il utilise ensuite une fine brindille dont l’extrémité est mâchonnée pour pêcher les termites qui se trouvent à l’intérieur du trou. [… ]

Lorsqu’une nouvelle connaissance est acquise, elle se transmet rapidement aux autres membres du groupe. La conformité par rapport aux normes culturelles locales a été établie à la grande surprise des chercheurs. [… ]

Antispécisme

2/ Les cacatoès, créateurs d’outils

Les cacatoès du Goffin sont une petite espèce de perroquet vivant en Indonésie et caractérisée par un plumage blanc. Contrairement à certains oiseaux qui sont plutôt habiles, les cacatoès ne sont à l’état sauvage, pas très doués pour fabriquer et manipuler des outils. Pourtant, dans un laboratoire autrichien, il existe un spécimen adulte à part. Son nom : Figaro. Ce cacatoès du Goffin utilise en effet spontanément des outils dès qu’il en a envie.  L’oiseau a ainsi commencé à tailler des brindilles de bois afin notamment d’atteindre des noix hors de sa portée. Les scientifiques ont donc fait de Figaro un modèle qu’ils ont présenté à d’autres cacatoès pour des démonstrations d’outillage.

Antispécisme

3/ Les fourmis, source d’inspiration sociale

Ce sont des sociétés matriarcales chez lesquelles la division du travail est poussée à l’extrême. Seules les reines sont fécondes, tandis que les ouvrières stériles prennent en charge le ravitaillement de la société, sa défense ou maternent les larves. Les mâles, eux, sont cantonnés au rôle de simple transporteur de spermatozoïdes.

Un tel partage des rôles a nécessité la mise en place d’une coopération remarquable entre tous les membres de la société. La capacité d’adaptation des fourmis résulte d’une communication olfactive exceptionnelle. Dans leur monde où le silence l’emporte sur le bruit, les phéromones, c’est-à-dire un cocktail de molécules odorantes, déclenchent des activités concertées les plus variées : de la recherche de nourriture à l’alarme, en passant par les soins aux jeunes ou la reconnaissance des apparentés, tout est régi par la production d’informations chimiques.

Antispécisme

Et si l’on prend en compte les animaux qui utilisent les ondes, font fermenter de la nourriture ou savent effectuer le massage cardiaque, comment peut-on encore prétendre être les seuls êtres pourvus d’une conscience ?

Excuse n°3 : Que fais-tu des domaines comme la recherche par exemple ?

Attention, les liens et vidéo peuvent choquer.
Soutenez-vous le Téléthon ? Comme beaucoup de monde, vous êtes touché par cette cause et lorsque vous donnez votre argent, vous ne pensez qu’à bien. Et pourtant, donneriez-vous cet argent si vous saviez à quoi il sert ?
Je vous laisse découvrir cette vidéo de PETA où l’on découvre l’envers du décor.

« La Beagle j’aimerais pas être à sa place. La souffrance, elle est réelle », commente ainsi l’un des scientifiques montré à visage couvert dans la vidéo.

Et quand bien même vous seriez touché par la détresse de ces animaux, il faut bien des solutions, non ? En premier lieu il faut savoir que les traitements sur les animaux n’ont que très peu contribués au développement d’un traitement clinique. Des modèles alternatifs existent déjà et l’AFM Téléthon souligne sur son site, qu’une grande partie des recherches reposent déjà sur des modèles alternatifs au modèle animal (in vitro notamment).

Antispécisme

Excuse n°4 : Manger mon chien ? Mais vous êtes dingue !

« Hey les enfants ! C’est le salon de l’agriculture ! Et si on allait y faire un tour en famille pour admirer les vaches et les petits poussins trop mignon ? Puis après, on les mangera 🙂 ». Je crois que si ma mère m’avais dit ça petite, le choc aurait été bien plus précoce… Non mais sérieusement, vous avez vu tous ces enfants trop heureux d’aller voir les animaux au salon de l’agriculture ? Ma première pensée a été : est-ce que quelqu’un leur a dit que ce petit poussin sur lequel ils craquent finira par leur craquer sous la dent ?

Et là où peu de personnes arrivent à m’expliquer leur raisonnement, c’est lorsque je demande : mais pourquoi tu n’as pas de considération pour un agneau alors que tu serais outrée de manger du chien? C’est pas logique… Soit on considère qu’il y a l’être humain puis « les autres » soit on considère que tout le monde est égal. A quel titre les chinois seraient-ils d’avantages des monstres que nous autres occidentaux de par leurs cultures… Ça n’a tout simplement aucun sens et pour moi, une vie est une vie

Antispécisme

Excuse n°5 : La chaîne alimentaire

La plus grosse bêtise, à mon sens, de l’être humain, c’est de dire que l’on est au sommet de la chaîne alimentaire. Sans même parler du fait que biologiquement notre corps n’est pas fait pour supporter des apports de viande rouge (ce qui source de nombreuses maladies, au passage…), parler de chaîne alimentaire revient à se raccrocher à un principe naturel. Or, si on en appelle à la nature, où sont nos griffes et nos crocs qui nous permettraient de chasser ? Non, nous ne sommes pas en haut de la chaîne alimentaire. Et je défie quiconque défendant cet argument de partir quelques jours en pleine jungle pour voir s’il serait éventuellement plus fort que son environnement…  Mais j’en doute.

Antispécisme

Etre Antispéciste, qu’est-ce que cela implique ?

Etre antispécisme ce n’est pas forcement être vegan, même si cela va de pair dans la plupart des cas. A mon sens, être antispéciste, c’est savoir être empathique et reconnaître que nous ne sommes pas seuls sur terre. C’est être conscient qu’une espèce ne parlant pas notre langage n’est pas pour autant dépourvue de conscience : elle a des sentiments, ressent des émotions et peut même avoir des aspirations – sinon comment appelé vous les espèces animal qui défendent un territoire ? N’aspirent-elle pas à posséder plus ?

Il est possible d’être antispéciste et non vegan. Des petits agriculteurs traitent leurs animaux avec compassion. Bien que pour moi, il n’y ait pas de « bonne façon de tuer » (je suis végétarienne), il est toutefois possible, par exemple, de loger des poules dans son jardin et de récupérer leurs œufs sans pour autant être un tortionnaire.

Antispécisme

Enfin bref, être antispéciste, c’est savoir être respectueux de son environnement, apprendre à consommer de manière responsable et être reconnaissant pour la beauté que le monde veut bien nous partager. 

Prenons conscience de…

  • Les animaux ressentent des sentiments : ils aiment, ils ont peur, ils ont mal…
  • Les arguments spécistes sur la supériorité de l’espèce humaine – comme l’utilisation d’outils ou l’art – sont de plus en plus contestés par des preuves irréfutables. 
  • Une vie est une vie : pourquoi traiter une espèce d’une façon différentes en fonction de notre jugement personnel.
  • Toutes les espèces ont un rôle à jouer dans la biodiversité et l’environnement.  La disparition des espèces en faveur de la soit disant évolution de la société est nuisible pour l’environnement – et sans terre, pas de vie.
  • D’autres solutions sont possibles, il suffit de le vouloir et de se renseigner un peu.
0 Comments

Leave a Comment